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Exemples à suivre

Ils n'étaient pas prophètes non plus

Des gens ordinaires — d'hier et d'aujourd'hui — qu'Allah a élevés par leur sincérité. La meilleure réponse à « ce n'est pas pour nous ».

Aucun de ces récits ne repose sur un témoignage isolé : ce sont des faits contemporains, datés, rapportés par la presse internationale — chaque notice porte sa source. Et nous parlons d'actes, pas de personnes : nous ne sanctifions personne. Seul Allah connaît les cœurs.

Abdul Sattar Edhi

Pakistan · 1928–2016

Il a bâti la plus grande flotte d'ambulances bénévoles du monde — et n'a jamais accepté l'argent de l'État.

En 1951, il ouvre une seule pièce dans un quartier pauvre de Karachi pour soigner ceux que personne ne soigne. Soixante ans plus tard, son réseau compte plus de trois cents centres — orphelinats, maisons de retraite, dispensaires, tous gratuits — et la plus grande flotte d'ambulances bénévoles du monde, plus de mille cinq cents véhicules, inscrite au livre Guinness des records. Il a refusé toute sa vie les subventions publiques, pour ne dépendre que des dons. Il dormait dans une pièce attenante à son bureau et possédait deux vêtements.

Source : NPR, 2016

Salah Farah

Kenya · mort en janvier 2016

Des tueurs lui ont ordonné de désigner les chrétiens du bus. Il a refusé, et il en est mort.

Le 20 décembre 2015, près d'El-Wak, des hommes armés arrêtent le bus de Mandera et ordonnent aux passagers musulmans de séparer les chrétiens du groupe. Personne ne bouge. Des femmes tendent leurs voiles aux chrétiennes pour qu'on ne les distingue plus, et les passagers répondent : tuez-nous tous, ou laissez-nous. Salah Farah, directeur adjoint d'une école primaire de Mandera, reçoit deux balles, à la main et à la hanche. Il meurt un mois plus tard, pendant l'opération destinée à retirer la balle. Depuis son lit d'hôpital, il avait dit que la religion était la seule chose qui les séparait, et demandé aux musulmans de protéger les chrétiens pour que les chrétiens les protègent à leur tour. Le Kenya lui a décerné à titre posthume l'Order of the Grand Warrior.

Source : Al Jazeera, 2016

Dr Hawa Abdi

Somalie · 1947–2020

Prise en otage par des miliciens, elle a refusé de sortir tant qu'ils ne lui auraient pas écrit des excuses.

L'une des premières femmes gynécologues de Somalie. En 1983, elle ouvre une pièce sur les terres de sa famille pour accoucher gratuitement les femmes des environs. La guerre civile en fait un hôpital de quatre cents lits et un camp où quatre-vingt-dix mille déplacés ont trouvé refuge. En 2010, des miliciens d'al-Shabaab prennent l'hôpital, tuent deux de ses employés et la placent en résidence surveillée pour qu'elle leur en cède la direction. Elle refuse. Quand ils se résignent à la relâcher, elle refuse de sortir tant qu'ils ne lui ont pas écrit des excuses officielles — qu'ils ont fini par rédiger, en somali et en anglais. Elle a été proposée au prix Nobel de la paix en 2012 ; Harvard l'a faite docteure honoris causa en 2017.

Source : Britannica

Mamoudou Gassama

Mali / France · né en 1996

Un enfant pendait dans le vide au quatrième étage. Il a escaladé la façade à mains nues en trente secondes.

Le 26 mai 2018, au 51 rue Marx-Dormoy à Paris, un enfant de quatre ans tombe du cinquième étage et se rattrape à la rambarde du quatrième, à vingt mètres du sol. Mamoudou Gassama, vingt-deux ans, passe dans la rue. Il escalade la façade à mains nues, de balcon en balcon, et attrape l'enfant en une trentaine de secondes — un voisin, depuis le balcon mitoyen, lui tenant le bras. La scène est filmée par des passants : c'est le seul récit de cette page dont la preuve est une vidéo. Il vivait alors en France sans papiers. Il a été naturalisé en septembre 2018.

Source : Al Jazeera, 2018

Mohamed Bzeek

Libye / États-Unis · né en 1954

Il n'accueille que les enfants condamnés — ceux que personne d'autre ne veut.

Arrivé de Libye en 1978 pour étudier l'ingénierie, il devient famille d'accueil en Californie en 1989 avec son épouse. Puis ils font le choix que personne d'autre ne fait : n'accueillir que des enfants en phase terminale, ceux dont les services sociaux savent qu'ils ne trouveront personne. Plus de quatre-vingts enfants sont passés chez lui. Dix sont morts dans sa maison. Il est la seule famille d'accueil de Los Angeles — quatre millions d'habitants — à ne prendre que ces enfants-là. En 2016, on lui a découvert un cancer du côlon. Il a continué.

Source : PBS NewsHour, 2017

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